Historique du village

Le village de Chavannes-de-Bogis jouit d'une situation géographique privilégiée, aux portes de Genève et de Divonne-les-Bains, sa voisine française.

Si nous remontons l'échelle du temps, nous constatons tout d'abord qu'aucune trace d'habitation préhistorique n'a été recensée jusqu'à ce jour sur le territoire actuel de la commune. Il en sera de même de la civilisation romaine au temps de la «Colonia Julia Equestris» de Noviodunum qui semble également n'avoir laissé aucune trace de résidence.

Plus près de nous en 1011, Rodolphe III, roi de la Bourgogne transjurane cède ses droits sur le Pays de Vaud à l'Evêque de Lausanne. Il donnera le Comté de Nyon à Hugues de Bourgogne, son parent. Les Sires de Gingins, de Mont et d'autres avec eux dominent la région de la Côte et de la Petite Côte.

Mais en réalité, il faudra attendre jusqu'au début du XIIe S. pour tomber enfin sur un terrain plus solide de l'histoire. Un réveil religieux dû à St. Bernard, abbé de Clairvaux, provoque en Bourgogne la fondation de plusieurs abbayes. Ce mouvement ne tarda pas à passer le Jura pour venir s'installer dans nos régions.

A la suite de plusieurs donations faites à l'«Ordre des Cisterciens», donations faites d'une part par Gaucher et Etienne de Gingins ainsi que leur mère Helvide, par l'Evêque Arducius de Genève et enfin par les nobles seigneurs de Divonne qui feront don en 1123 de tout le versant oriental allant de la Dôle aux sources de la Valserine; l'histoire nous apprend qu'un moine prénommé Moyse ainsi que ses compagnons commencèrent vers 1131 l'édification de l'Abbaye de Bonmont qui sera la huitième de l'ordre de Citeaux.

On pense que l'inauguration a eu lieu en 1148 en présence de l'Evêque de Rome Eugène III.

Comme le territoire de Bogis était compris dans ces diverses donations, il devint ainsi le centre d'une de ces exploitations agricoles que les Cisterciens appelaient grange ou cabane et qui furent au début dirigées par les religieux eux-mêmes.


Si la première mention du nom composé de Chavannes-de-Bogis reste encore à trouver, nous pouvons cependant en donner quelques explications étymologiques ainsi que quelques dates.

Tout d'abord le terme de Chavannes est le pluriel de l'appellation latine capanna signifiant cabana, cabane, ce qui laisserait penser qu'à l'origine le village comprenait quelques cabanes en bois; quant à Bogis, il pourrait être à l'origine d'un nom de famille. Tout au cours des siècles nous retrouvons son appellation sous les formes suivantes : en 1135 Bittgeium ad pontetulum; en 1144 Bugeium, Bugeio; en 1197 Buggeium; en 1251 Boggie; en 1320 Bogie; en 1401 Bogiez et Bogier et en 1686 Bogies.

Au milieu du XIIIe S. pour mettre plus en valeur le territoire du domaine de Bogis, les moines de Bonmont commencèrent à renoncer à ce mode d'exploitation et attirèrent sur leur domaine des colons ou abergataires auxquels ils concédèrent des terres en abergement perpétuel.

En 1269, l'abbaye plaça sous la garde de Simon de Joinville, sire de Gex, les hommes qu'elle avait ainsi établis sur le territoire de la grange de Chavannes-de-Bogis. Chaque abergataire payait annuellement une coupe d'avoine au sire de Gex en raison de sa personne et non de son tènement (terre tenue moyennant une redevance). Les droits et les profits de la Justice criminelle étaient partagés entre l'Abbaye et le sire de Gex.
L'abbaye avait également droit aux corvées de bras et de charrue et percevait la Dîme. Cet accord resta jusqu'à la suppression de l'Abbaye par les Bernois. Et l'on voit même dans la seconde moitié du XVIe S., le sire de Divonne réclamer aux hommes de Chavannes-de-Bogis la redevance convenue en 1269.
Il faut dire qu'au XIIIe S. déjà, la commune était au bénéfice de droits d'usage grevant la forêt de Bonmont. Ces droits furent reconnus au début du XVIIIe S. par les Bernois, et lorsque l'Etat de Vaud en devint propriétaire, il chercha à la dégrever de toutes les servitudes. Il donna ainsi satisfaction aux exigences de la commune de Chavannes-de-Bogis par la cession de deux parcelles de forêt sises au lieu dit « Les Bois Badis » dans la commune de La Rippe et inscrite sur un acte du 29 décembre 1829.

En 1536, les Bernois qui avaient déjà conquis la région d'Aigle et quelques bailliages du plateau, accourant au secours de Genève aux prises avec le duc de Savoie, en profitent pour occuper le reste du Pays de Vaud et par là même notre région.
Peu après le 30 avril 1536 est créé le bailliage de Nyon et avec lui celui de Bonmont. Le village fera partie de la Châtellenie de La Rippe, mais les censes devaient être rendues au grenier de LL.EE à Bonmont. Les Chavannus devaient entre autre les corvées de charrue ou l'équivalent de neuf sols par charrue trois fois par année. Le village était régi par un Conseil de six membres. Rappelons à ce sujet qu'en 1556 une Grosse d'indominures, censes et dîmes est constituée en faveur du gouvernement bernois à cause de Bonmont, Céligny, Crans, Chavannes-des-Bois, Chavannes-de-Bogis, Commugny, Grens, Genolier et Givrins.

Puis, dès 1798, vint la période révolutionnaire de la République helvétique - Canton du Léman. Le village semble marquer un temps d'arrêt . Les Bernois partis, les gouverneurs continuèrent d'administrer la commune comme auparavant. Pour fêter l'ordre nouveau, on planta un arbre de la liberté qu'on alla prendre dans les «Bois Badis».

1803 est une grande date pour l'histoire vaudoise. Plus de gouverneur à la tête de la commune mais un Syndic et une Municipalité.

1813 Napoléon Bonaparte vient d'être battu. Les armées russes, allemandes et autrichiennes envahissent notre région. Les Chavannus comme ceux des autres villages sont agités et inquiets. En 1816 les récoltes furent mauvaises. On souffrit de la famine au village. Ce fut l'année de la misère.

Il ne se passera plus d'événement important jusqu'au milieu du XIXe S. mis à part l'année 1844 où la neige fut si abondante qu'il fallut l'enlever sur tous les toits du village. 


En 1862 on construit sur l'ancienne laiterie-fromagerie une auberge communale appelée «Au Soleil Levant». Une salle sera réservée à la Municipalité et aux archives de la commune. Le secrétariat communal n'existant pas encore, le greffe municipal avait à son domicile une bonne partie des affaires en cours.
Le siècle s'acheva avec la pose du premier téléphone au village. Chavannes-de-Bogis entra dans le XXe S. avec l'installation en 1903 du courant électrique et l'eau sous pression venue de sources captées dans le Jura et amenées au village en 1905. Notons également qu'en 1928 une chapelle a été construite. Elle sera partagée avec les habitants du village voisin de Bogis-Bossey.

Pendant bien des années le village garda sa physionomie traditionnelle et resta fidèle à sa vocation agricole.
Il faudra attendre cette deuxième moitié du XXe S. pour voir l'explosion démographique du territoire communal.

Lors de la construction de l'autoroute Lausanne-Genève en 1964, un giratoire de sortie fut prévu pour la liaison des différents villages à cette dernière, sortant ainsi de l'isolement Chavannes-de-Bogis. Un des aspects les plus visibles a été la construction de nombreuses villas, de diverses entreprises et d'un important centre commercial faisant du village une population active mais qui, paradoxalement, travaillera à Genève et Nyon, plutôt que de rester sur place. Heureusement huit familles paysannes exploitent encore 200 hectares de terre agricole.


Sur le plan communal, de nombreuses améliorations viennent année après année faciliter la vie des habitants. Ce développement, cependant, a posé et pose encore de nombreux problèmes de routes, d'égouts, d'eau et de transports aux autorités. 
Notons toutefois qu'en 1982 un plan de zones est adopté, facilitant ainsi l'aménagement du territoire. 

 En 1980 un pavillon scolaire avec une place de sport seront construits. Un autre suivra en 1986. 

La construction d'un « centre communal » en 1983 a apporté un changement considérable dans la vie de la communauté, en mettant à disposition des locaux agréables et confortables pour la réception d'un secrétariat communal et pour la pleine activité des sociétés locales.